Acteur du mois

L'écriture en toute liberté

Salomé Berlemont-Gilles : l'écriture en toute liberté

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Salomé Berlemont-Gilles, une jeune autrice prometteuse
© DR

Dans son premier roman, publié chez Grasset en janvier 2020, la Picarde évoque sans fards le vertige du déclassement pour une famille de guinéens échouée à Bobigny. Un texte puissant sur un sujet politique brûlant, raconté dans une langue singulière. Et qui, depuis un an, rafle de nombreux prix littéraires.

 

Front en avant, cheveux au vent, elle pénètre dans la pièce comme un tourbillon. Convenir d’un rendez-vous n’aura pas été une mince affaire, tant la jeune femme de vingt-huit ans s’avère insaisissable. La voilà tout de même, le regard droit, intense, emplissant de toute sa présence un appartement parisien. Ses mouvements découvrent parfois l’un des nombreux tatouages qui parsèment son corps : le visage de Nabokov, une strophe du poème d’Aragon Les Yeux d’Elsa. Elle porte les derniers mots d’Ulysse, de Joyce l’irlandais, gravés sur le côté du pied : and yes I said yes I will Yes.


Salomé Berlemont-Gilles se livre avec naturel, sans chercher à briller. Elle raconte son enfance à Saint-Quentin, dans l’Aisne, fille unique de deux parents professeurs. Sa mère enseigne toujours les lettres ; son père, désormais retraité, avait choisi de se consacrer à l’éducation physique et sportive. Un univers chaleureux et très cultivé, au sein duquel les livres ne servent pas qu’à décorer. « Dans ma famille, aucun ouvrage n’était inaccessible. Il n’y avait pas de ‘ce n’est pas de ton âge’, il fallait tout essayer », se souvient-t-elle. Petite fille, elle possède son propre compte dans une librairie de sa ville, et peut choisir librement tout ce qui lui plaît.
 

« Tu seras écrivaine, ma chérie ! »

À l’exception notable d’Harry Potter, ses goûts l’orientent plutôt vers les classiques : Roald Dahl, Saint-Exupéry, Romain Gary, Balzac, Zola,... Joyce – qu’elle lit en anglais – et Dostoïevski figurent au Panthéon de ses auteurs favoris. Elle s’essaie très tôt à l’écriture avec de petits romans d’enfant, dans lesquels elle détaille pendant des heures les aventures de Black Tiger, une héroïne tout de cuir vêtue, avec illustrations en sus.


« Tu seras écrivaine, ma chérie ! », plaisante un jour son père en la regardant faire. Jean-Jacques Gilles, qui ne s’attendait pas vraiment à être ainsi pris au mot, se souvient de « textes déjà très fluides, surprenants, vraiment jolis ».


« Pour mes parents, écrivain, c’est un vrai métier ! », s’enorgueillit Salomé. Au sein du foyer, la politique occupe également une place importante. « Ma mère, syndicaliste, a été conseillère municipale PS. Mon père est un anar’ de gauche, engagé en politique pour pouvoir voter pour ma mère », résume-t-elle avec fierté. La jeune fille « un peu isolée, un peu créative, un peu timide » intègre Sciences Po Paris à seize ans, avec deux années d’avance. Elle s’y distingue dès 2011 en remportant le premier prix du concours de nouvelles politiques de la Conférence Olivaint avec un texte sur les bas-fonds de la ville de Mexico, ville-monde qui la fascine et dans laquelle elle a vécu un an.[...]


Clémence DE BLASI
 

Découvrez l'intégralité de cet article dans le n°33 de la revue Eulalie, pages 36-37.


Eulalie n°33 (mai 2021)

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