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Les Parleuses : les voix du matrimoine littéraire

Les Parleuses : les voix du matrimoine littéraire

Les Parleuses - Olivier

Aurélie Olivier, fondatrice des Parleuses
© Hervé Veronese - Centre Pompidou

 

Pour réhabiliter des autrices oubliées, effacées ou minorées, la fondatrice du festival lillois Littérature, etc., Aurélie Olivier, a lancé Les Parleuses en 2019. Un projet mêlant ateliers d’écriture, séances de lectures par arpentage et chaîne de podcasts à écouter à volonté pour redécouvrir de grandes plumes du passé.

 

Valérie Solanas, Gabrielle Wittkop, Sei Shònagon, Paulette Nardal. Ces noms ne vous disent rien ? C’est normal, ces écrivaines comptent parmi les grandes oubliées de la littérature mondiale. Pour les rendre un peu plus visibles, la fondatrice et directrice du festival lillois Littérature, etc., Aurélie Olivier, a eu une idée. « Un soir, j’ai relu mes Lagarde et Michard, pris de plein fouet l’invisibilisation des femmes autrices, et eu envie d’une version un peu plus représentative de ce qui s’est vraiment passé au cours des siècles », se souvient la jeune femme de 35 ans, qui vit et travaille entre l’Île-de-France et les Hauts-de-France.

À l’époque, en 2018, elle sous-loue l’appartement de l’élue écologiste au conseil de Paris Alice Coffin et sa compagne, l’ingénieure spatiale Silvia Casalino, toutes deux militantes féministes. Dans leur bibliothèque, elle découvre How to Suppress Women’s Writing [Comment effacer l’écriture des femmes, NDLR], un essai de l’écrivaine américaine de science-fiction Joanna Russ publié en 1983, jamais traduit en français.

« Dans ce livre, Joanna Russ montre toutes les stratégies mises en place pour faire disparaître les femmes du champ littéraire. Cela m’a beaucoup inspirée. Cette expression qui revient souvent pour dénigrer leurs écrits, "histoires de bonnes femmes", dit tout de l’ignorance et du mépris qu’on peut leur porter. Et quand par miracle on concède à leur faire une toute petite place, c’est toujours en réduisant la puissance de leurs récits, de leurs écritures », déplore Aurélie Olivier.
 

Des podcasts pour laisser une trace

Cet état des lieux est le point de départ d’une réflexion menée avec Pascaline Mangin, présidente de l’association Littérature, etc., ainsi que d’autres membres du bureau, comme Anna Rizzello et François Annycke. « J’ai très vite pensé au format podcast, pour participer au travail de mémoire, observe Aurélie Olivier. L’idée c’est de laisser une trace, pour que les générations suivantes puissent bénéficier de ce défrichage que nous aurons effectué. »

Le format retenu ne se résume pas à la captation sonore, loin de là : Les Parleuses – en référence au livre éponyme écrit par Marguerite Duras et Xavière Gauthier, paru aux éditions de Minuit en 1973 – se dérouleront finalement sur trois temps.Un atelier d’écriture de deux heures (« pour dire qu’il ne faut pas s’empêcher d’écrire malgré tous ces freins »), organisé en même temps qu’une séance de lecture par arpentage d’un texte peu connu (« on peut imaginer que les douze personnes qui le lisent vont en parler à d’autres, le faire vivre »), et, enfin, en guise d’aboutissement, l’enregistrement en direct, devant un public d’une petite trentaine de personnes, d’un texte de création. Celui-ci met en lumière le travail d’une grande autrice disparue écrit et lu par une autrice d’aujourd’hui. [...]


Clémence DE BLASI
 

Découvrez l'intégralité de cet article dans le n°33 de la revue Eulalie, pages 38-39.


Eulalie n°33 (mai 2021)

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