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Les Hauts-de-France s'exposent au Salon de Montreuil

Le 38e Salon du livre et de la presse jeunesse en Seine-Saint-Denis s’est déroulé du 30 novembre au 5 décembre 2022 à Montreuil sur le thème « Désirs de mondes ». Avec 180 000 visiteurs, il est le plus grand rendez-vous européen de l’édition et de la création en littérature jeunesse. Pour la première fois, treize éditeurs des Hauts-de-France y participaient à l’initiative de l’Agence régionale du Livre et de la Lecture, en partenariat avec l’Association des éditeurs.
 

Selon François Annycke qui la dirige depuis le 1er janvier 2022, « l’AR2L Hauts-de-France est entrée dans une nouvelle dynamique avec l’ambition d’être au service des professionnels. Le dialogue qui s’est instauré avec les éditeurs a révélé l’importance d’être présents sur de grandes manifestations nationales, afin de faire rayonner la création des Hauts-de-France en dehors de ses frontières. » Avec le soutien du Conseil régional, l’agence a mobilisé les moyens humains, financiers, et les outils de communication nécessaires à la mise en œuvre du projet. Elle a aussi invité Johan Leynaud et Romane Lefebvre à animer des ateliers d’illustration sur le stand. Auteurs de la région, ils ont été lauréats en 2020 et 2022 du dispositif « Un voyage à Bologne » organisé par la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse dont l’AR2L Hauts-de-France est partenaire.

Autre temps fort vendredi, le lancement du collectif Géant ! qui fédère 17 éditeurs membres de l’Association des éditeurs indépendants, dont le catalogue est dédié à la jeunesse, pour partie ou entièrement. Sur le stand de 40 m², la présence du géant Anatole de Villeneuve d’Ascq, clin d’œil au patrimoine régional et au nouveau collectif, ne pouvait pas passer inaperçue ! Comme l’explique Sandrine Harbonnier, directrice de Lucca éditions et référente de Géant ! : « Le principe est de travailler de manière collégiale, de mobiliser les éditeurs pour que les particularités de chacun deviennent les forces de tous. L’édition jeunesse est un domaine concurrentiel qui évolue très vite, d’où l’intérêt de se rendre plus visibles et d’être signifiants parmi les grands groupes ». Le collectif envisage ainsi des actions de communication et de surdiffusion, notamment auprès des publics prescripteurs comme les médiathèques, un catalogue commun à tous ses membres, une gestion mutualisée des stocks de livres défraîchis ou la mise en place d’outils et de formations.
 

Être ou ne pas être… sur les salons

À Montreuil, la plupart des éditeurs présents venaient en exposants pour la première fois. Amandine Hubert et Amélie Picavet, fondatrices des éditions Vous êtes ici, dont les ouvrages sont en lien avec la nourriture, ne cachaient pas leur joie : « c’est un salon que nous adorons, nous sommes très contentes. Sans ce stand collectif, il nous serait impossible d’être de ce côté de la barrière. » Même constat pour Philippe Zytka, directeur de la maison Inukshuk qui publie de la bande dessinée et quelques titres jeunesse : « je suis autodiffusé et autodistribué, 90 % de mon chiffre d’affaires est réalisé sur les salons, 35 week-ends par an. » Un enjeu crucial pour lui qui déplore le manque de soutien des libraires indépendants.  « Je ne comprends pas le discours paradoxal qui consiste à vouloir sauver le commerce de proximité… et à ne pas travailler avec les éditeurs locaux ! ».

Cyprienne Kemp, directrice d’Obriart qui édite des livres d’artistes pour la jeunesse, ne fait pas beaucoup de salons. « Je les sélectionne. Un salon comme celui-ci permet de montrer la diversité et la qualité de ce qui est publié dans les Hauts-de-France. On a tous quelque chose qui nous tient à cœur, que l’on essaie de transmettre par le biais de nos choix éditoriaux ou via les sujets véhiculés. » Aux éditions L’iroli, c’est la passion du haïku qui anime isabel Asúnsolo : « connaître et reconnaître la nature, être dans une présence au monde active. Ici, je suis derrière un stand et je noue des contacts intéressants mais mon truc, c’est plutôt de sortir et de faire écrire, surtout les jeunes ! »

Cette année, les éditions Cours toujours, dont la dimension jeunesse représente un tiers du catalogue, avaient la chance de faire partie de la programmation officielle du SLPJ. Une belle reconnaissance selon l’éditrice Dominique Brisson, qui précise que son objectif sur les salons n’est pas commercial. « La démarche consiste à aller devant le public et à rencontrer d’autres professionnels pour ne pas s’isoler :  organisateurs, journalistes, confrères et consœurs. On peut d’ailleurs être amenés à vendre les livres des autres, cette solidarité fait aussi la force de notre collectif. »

Pour les acteurs qui se sont relayés sur le stand des Hauts-de-France pendant six jours, les bénéfices ne se limitent pas aux ventes de livres. Les retombées d’une manifestation de cette envergure se mesurent aussi en termes de visibilité, de liens tissés, de projets à construire, ensemble, avec d’autres régions ou même d’autres pays. La petite édition peut voir l’avenir en grand !


Alexandra OURY